Edito du Maire

Le printemps est une merveilleuse saison. Un climat doux, une végétation multicolore, des senteurs végétales exaltées, des jours plus longs, un cocktail idéal pour en profiter pleinement !

Notre printemps tant apprécié n’a pas été au rendez-vous en cette année 2018.

Des jours et des jours de pluies et de mauvais temps avec des conséquences dont nous nous serions bien passé : inondations, humidité, sorties annulées, dégradations des voies de communication, travaux supplémentaires en urgence, etc.

Seule satisfaction : l’amélioration significative de notre ressource en eau. Une problématique qui me préoccupait depuis maintenant deux ans. En effet, nous avons connu au cours de ces deux derniers exercices un déficit pluviométrique qui a mis nos ressources naturelles dans une situation alarmante. Donc, grâce à ce printemps pluvieux, c’est avec une grande sérénité que nous allons affronter l’été qui arrive, avec une pensée émue aux habitants des autres régions françaises qui ont vécu des inondations dramatiques telles que nous les avons connues le 15 juin 2010.

Ce qui me préoccupe à présent, c’est non plus la ressource en eau mais le devenir de sa gestion. La loi du 7 août 2015 portant Nouvelle Organisation Territoriale de la République (Loi NOTRe) fait obligation (que cela nous plaise ou pas !) de transférer les services de l’eau, de l’assainissement et également la gestion des eaux pluviales, à la Communauté d’Agglomération Dracénoise en janvier 2020.

L’eau appartient à notre patrimoine naturel comme nos ouvrages architecturaux appartiennent à notre patrimoine historique. Cette eau, ce bien public, en plus d’être un droit fondamental, elle nous appartient. La gestion de l’eau est, avec l’éducation primaire et la voirie, la raison même d’exister de chaque collectivité locale et ce, depuis 1790.

Désormais une loi suffit pour nous retirer ces compétences, cette richesse locale naturelle ! Un moyen, encore une fois, de sortir un peu plus la Commune de la République décentralisée.

On n’indique pas les avantages liés à ce transfert de compétences. Par contre, je peux aisément présenter les points sensibles sur lesquels nous pouvons nous interroger. Mis à part que la Commune perd la maîtrise de sa politique dans ces domaines, quel sera le futur mode de gestion ?  Un mode de gestion directe en régie ou bien un mode de gestion indirecte en délégation de service public à une entreprise privée ? En concession ? En affermage ? Quels seront les coûts de fonctionnement ?  Quelle qualité et quelle performance du service ? Quel avenir pour les agents municipaux ?  Et le prix de l’eau dans tout ça ? Devrons-nous payer à notre EPCI l’eau de notre consommation publique pour nos écoles, l’arrosage de nos jardins, de nos services municipaux, etc. ?

L’eau est un bien patrimonial local qui se gère localement et par la collectivité la plus près des citoyens et des usagers. Vous savez combien je suis attaché à la régie publique municipale. Je me dois d’être respectueux de la loi, mais je peux vous assurer que je me battrai de toutes mes forces et je mettrai tous les moyens nécessaires pour conserver la maîtrise de ce bien naturel précieux qui nous appartient.

Claude Alemagna

Maire de Lorgues
3ème Vice président de la C.A.D.
Conseiller régional

04 94 85 92 92